Le phénomène des « sans bureau fixe » : l’avis les salarié.e.s français.e.s

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Le « flex-office » est un phénomène qui remplace le bureau fixe individuel et cloisonné, par un nouvel espace de travail, collectif, mobile, et collaboratif. Afin d’augmenter la qualité de vie au travail de talents en quête de plus de liberté et de flexibilité, les entreprises françaises démocratisent cette tendance et ces nouveaux espaces de travail qui l’accompagnent.
Cette tendance, issue du coworking anglo-saxon, initialement adapté aux freelances et start-uppers des générations Y et Z, est-elle vraiment bénéfique pour toutes nos entreprises ? Qu’en pensent les salarié.e.s français.e.s ? 

La démocratisation du flex-office

La révolution digitale a instauré une logique de partage dans notre vie quotidienne : on prête nos nos voitures ou encore nos biens immobiliers, ainsi que notre espace de travail qui n’a plus foncièrement besoin d’appartenir à une seule personne. Les majors de notre économie comme AXA, BNP Paribas ou encore Renault, l’ont bien compris et ont pris de l’avance dans cette nouvelle approche managériale et architecturale. L’objectif est double :
– prôner une certaine bienveillance et une qualité de vie supérieure au travail, envers leurs talents de plus en plus difficile à attirer;
– rationaliser les investissements fonciers par la mutualisation des espaces.

L’effet « Wahou », et après ?

Les entreprises pionnières constatent un effet Wahou chez les utilisateur.ice.s lorsqu’ils découvrent leurs nouveaux locaux. Mobilier tendance, bâtiments ultra-connectés, espaces dédiés au confort et à la détente sont autant d’atouts qui impactent positivement l’enthousiasme de la grande majorité des personnes interrogées après un emménagement dans un bâtiment « Flex office friendly ». Mais qui dit changement, dit aussi temps d’adaptation.  Et c’est là que la promesse d’environnements de travail plus nomades, collaboratifs, et moins rigides que les bureaux traditionnels, ne plaît pas à tout le monde et voit des critiques se lever : une manigance des RH pour gagner des mètres carrés de loyer, ou une véritable évolution empreinte de bienveillance ? Quelle est la proportion de salariés inquiets face à cette nouvelle tendance ?

Les inquiétudes des salariés français face au « flex office ».

Avec les premiers retours d’expérience post effet Wahou, le temps d’adaptation des salarié.e.s serait de 3 à 6 mois, avec un impact néfaste sur la productivité d’équipes, qui reviendrait à la normale passé cette période. En France, selon l’étude OpinionWay, à peine 28% des salariés travaillent régulièrement de façon flexible via un aménagement de leur temps et de leur espace. Ils sont de plus en plus nomades et libres dans l’expression de leur activité professionnelle, alors que seulement 3% d’entre eux sont réellement dans une situation véritable de flex-office.

68% du collège salarial français est encore retissante face à ce nouveau mode de travail, car elle considère que le flex office n’est adapté ni à la pratique de leur métier, ni à leurs compétences. Par ailleurs, la dépersonnalisation de son propre espace de travail renvoie à l’inquiétude latente d’être interchangeable et donc peu considéré en tant que personne. Ces salarié.e.s envisagent ce cadre de travail réservé aux start-up. La crainte de perte de hiérarchie, de lieu de travail défini, de personnalisation des bureaux font que le pas n’est pas prêt d’être franchi par toutes les entreprises. 

Pour conclure, selon Flore Pradère, responsable de la Recherche Entreprises chez JLL : « les discours ne valent pas l’expérience, c’est cette dernière qui fait basculer les inquiétudes vers l’adhésion ».

 

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