Interview de Pierre Incerti dirigeant de la plateforme logistique nationale du groupe Intersport

1 septembre 2013Actualités, Actualités RH

Pierre Incerti dirige la plateforme logistique nationale du groupe Intersport… La logistique intégrée dans la Plaine de l’Ain : un double défi de taille !

Ludovic Milléquant : M. Incerti, vous gérez depuis la plateforme de Saint-Vulbas l’approvisionnement de plus de 600 magasins en France, Belgique et Dom-Tom. Quels sont les paramètres qui vous permettent de planifier une telle activité ?

Pierre Incerti :
Nous avons la chance de pouvoir établir des prévisions de volumes relativement fiables environ 4 à 5 mois à l’avance. Ces prévisions nous permettent de préparer, planifier et lisser la charge de volumes de manière à « gommer » le plus possible les pics de saisonnalité et permettre ainsi une livraison dans les délais dans l’ensemble des Magasins du Groupe. Pour autant, nous devons nous adapter à la saisonnalité des produits et aux succès de certains articles, soutenus par des campagnes promotionnelles. Sans compter les aléas inhérents à nos approvisionnements, comme le retard d’un bateau en provenance d’Asie qui nécessite parfois une réactivité extrême au niveau de nos équipes de Réception.

LM : Quels sont les facteurs majeurs de cette saisonnalité ?

PI : Les sports pratiqués varient en fonction des saisons et déclenchent donc des besoins différents d’une saison à l’autre. De plus, nous avons deux événements majeurs dans l’année qui sont la rentrée des classes et Noël. En septembre, les enfants reprennent le chemin de l’école en ayant grandi, les clubs sportifs rouvrent leurs portes et ont besoin d’équipement… La rentrée des classes pour nous démarre à mi-juin et nous occupe pleinement jusqu’au 15 août. Quant à Noël, c’est la période des cadeaux et, pour l’anecdote, c’est aussi la période à laquelle nous livrons le plus de vélos en magasins. Et bien entendu, comme dans toute activité de commerce, les prévisions ne sont jamais exactes à 100% !

LM : Comment cela se traduit-il sur vos effectifs ?

PI : Sur une année entière, ce sont plus de 20 millions d’Unités de manutention qui partent de St Vulbas, et nos effectifs doivent s’adapter aussi bien à la quantité qu’à la particularité de manutention que cela requiert : l’encombrement et le poids d’un vélo n’ont rien de comparable avec un maillot de bain ! Selon la période, nos effectifs peuvent varier du simple au double, d’une centaine de collaborateurs permanents à plus de 200 personnes sur site, sans compter l’absentéisme. Etant une entreprise socialement responsable et profondément humaine, nous laissons nos collaborateurs permanents partir en congés d’été sur juillet et août, alors que c’est la période de plus forte intensité. Il est évident que nous ne pourrions pas y parvenir sans intérimaires !

LM : Ces intérimaires doivent donc être particulièrement efficaces ! Est-ce tout ce que vous attendez d’eux ?

PI : Bien sûr, leur efficacité est primordiale pour la continuité de notre activité, et plus encore l’été. Nous avons besoin d’intérimaires efficaces, adroits, autonomes, et surtout, consciencieux. Or, cette conscience professionnelle est une valeur qui a tendance à disparaître ! Nous sommes finalement plus attentifs au savoir-être de nos collaborateurs, permanents comme intérimaires, qu’à leurs véritables compétences techniques (même si celles-ci sont bien évidemment primordiales). Nous avons bâti un plan de formation efficace en amont de tout démarrage sur site, et nous investissons régulièrement sur les collaborateurs méritants. Mais le savoir-être et l’envie ne s’enseignent pas, ils se vivent !

LM : Le parc industriel de la Plaine de l’Ain représente une immense zone d’activité : opportunité ou menace pour vous ?

PI : Les deux ! Cela représente incontestablement une opportunité, car le parc industriel attire de nombreuses entreprises et crée de l’emploi. C’est donc une zone d’attraction pour toute personne qui cherche activement à travailler. La menace inhérente est la concurrence que se livrent les entreprises pour attirer les compétences. Les retenir n’en devient que plus difficile. C’est pourquoi nous sommes attentifs au savoir-être et à la stabilité de nos collaborateurs.

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